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Carmignac, Axa IM, Rothschild AM, Amiral Gestion : leurs paris pour la fin d’année…

Publié le

La société EOS Allocations dirigée par Pierre Bermond organisait une conférence sur les fonds patrimoniaux. La table-ronde « Fonds d'allocation d'actifs Internationaux » a été l’occasion pour Carmignac Risk Managers, Axa IM, Amiral Gestion et Rothschild AM d’exposer leur stratégie d’allocation d’actifs et de pilotage de leurs fonds patrimoniaux.

 

 

Dans le cadre de cette conférence, H24 Finance a invité Virginie de Maupeou et Julien Ancele à parler de l’aventure extraordinaire de leur fondation : 1001fontaines, les entrepreneurs de l'eau.

 

H24 s’est engagé à verser 24 euros par participant présent sous forme de don en faveur de cette fondation soit 4800 euros pour un peu plus de 200 personnes.


Au vu de l’intérêt des participants, H24 Finance invitera de nouveau un intervenant dans le même esprit :)

 

http://files.h24finance.com/jpeg/1001fontaines.jpg

 

 

Table-ronde « Fonds d'allocation d'actifs Internationaux » avec Carmignac Risk Managers, Axa IM, Amiral Gestion et Rothschild AM

 

http://files.h24finance.com/jpeg/EOS%20Conf%C3%A9rence%20Septembre%202018%20TR%203.jpg

 

Quand on aborde l’environnement macroéconomique international, le regard des gérants se porte directement sur la situation américaine. Or, il y a actuellement une divergence totale outre-Atlantique entre un cycle américain au plus haut et une banque centrale qui réduit son bilan.

 

Cependant, Axa IM n’a pas de vision alarmiste à ce sujet. « Les cycles ne meurent jamais de vieillesse, il faut un choc et l’on voit mal ce que cela pourrait être dans les 18 mois » indique Serge Pizem, Responsable de la gestion Multi-Assets. Il reste ainsi surpondéré sur les Etats-Unis car il y trouve des sociétés intéressantes mais également car il considère que le marché n’est pas tellement plus cher qu’en Europe si on y ajuste les biais sectoriels.

 

Un avis partagé par Rothschild AM pour qui le segment n’est pas excessivement valorisé. Dans son allocation, le gérant Yoann Ignatiew est donc favorable à l’Amérique du Nord (Etats-Unis mais aussi Canada) et n’hésite pas à se prononcer « risk on ».

 

A l’inverse, la société Amiral Gestion évite ce marché tout en ayant un niveau d’exposition aux actions proche de ses plus bas, à hauteur de 29%. « La valorisation est le pivot. Or, on ne peut que constater les niveaux extrêmement élevés aux Etats-Unis. On a du mal à y générer des idées d’investissement qui nous donnent un rapport rendement / risque satisfaisant » estime le gérant Jacques Sudre.

 

L’exercice de la gestion devient ainsi plus difficile dans une phase ponctuée par des périodes assez extrêmes. Au sein de l’indice NASDAQ par exemple, certaines actions sont à +50% depuis le début de l’année quand d’autres sont à -40%, illustrant une exceptionnelle dispersion des titres.

 

« Etre risk on ou risk off n’a aucun sens, cela dépend où l’on se situe » tranche ainsi Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement chez Carmignac Risk Managers.

 

 

La technologie tire la performance des marchés

 

Cette différenciation dans les performances boursières est d’autant plus accentuée par le parcours extraordinaire du secteur de la technologie, avec les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) représentant 80% de la hausse du S&P500.

 

Pour Didier Saint-Georges, le choix des valeurs au sein de la tech est donc extrêmement décisif. Et Carmignac a décidé de « s’armer d’analystes » pour y faire face. La société conserve ainsi ses positions sur Amazon, mais a pris ses profits sur Facebook tout en continuant d’éviter Netflix.

 

Faut-il pour autant s’inquiéter des progressions spectaculaires dans la tech US ? « Je ne crois pas que l’on soit dans un cycle comme en 2008 car il y a des forces de rappels désinflationnistes » rassure Yoann Ignatiew.

 

Axa IM semble à nouveau en phase avec Rothschild AM sur ce point et écarte toute similitude avec la situation de l’an 2000 où les résultats étaient excentriques. « Aujourd’hui, on est revenu en ligne avec la prime historique. Si demain, Jeff Bezos (Ndlr H24 : PDG d’Amazon) veut sortir 10 milliards de profit, il suffit qu’il ralentisse les réinvestissements massifs » précise Serge Pizem. Selon ce dernier, la tech US et ses dizaines de milliards de cash peut même être considérée comme un secteur défensif.

 

A nouveau, Amiral Gestion affiche un certain scepticisme. La société de gestion n’a pas de positionnement sectoriel mais regarde les opportunités au cas par cas. « On se pose toujours la question de savoir comment comprendre la création de valeur. Sur la tech, quand des déceptions interviennent, les sanctions sont extrêmement aiguës » prévient Jacques Sudre qui admet avoir du mal à y trouver des idées.

 

Mais alors que la tech US est au plus haut, la tech asiatique a énormément souffert. Une chute qui aiguise l’appétit des gérants : « Je suis plus excité de regarder Alibaba continuer à baisser qu’Amazon qui monte car le fondamental est là. Et il est là pour 5 ou 6 ans » prédit Yoann Ignatiew.

 

Une main tendue vers un retour sur les marchés émergents après un début d’année particulièrement compliqué ?

 

 

Marchés émergents : est-ce le moment d’y revenir ?

 

Aux dires mêmes des gérants, les émergents ont été la « saga de l’été ». Pour rappel, la spirale négative des finances turques s’est accélérée dans le courant du mois d’août avec des taux en forte hausse, ainsi qu’une monnaie et une bourse en dégringolade. D’autre part, la guerre commerciale n’a cessé de s’amplifier entre les Etats-Unis et la Chine. Dans un tel contexte, les émergents ont flanché et les actions et obligations de la zone ont très largement sous-performé leurs homologues des pays développés.

 

Pour Didier Saint-Georges, ce qui mène le marché n’est cependant pas le cycle économique mais le cycle de liquidité. « Trump essaye de piquer la croissance des autres pays mais ce n’est pas le problème en soi » juge-t-il alors que la Réserve Fédérale américaine est en passe de sevrer les pays dépendants du dollar. « On a eu le bull market du siècle par l’abondance de liquidité. Si on la retire, il se passera des choses bizarres » s’inquiète-t-il. Les retraits du dollar sont selon lui « littéralement mortels » pour certains pays dépendants de cette devise. Ainsi, tant que la liquidité mènera les marchés, les valeurs en difficulté vont continuer à souffrir.

 

« Mais l’économie reprendra ses droits » poursuit Didier Saint-Georges. Au sein des émergents, Carmignac recommande ainsi de ne pas être investi dans les régions fragiles que l’on connaît. « Mais il ne faut surtout pas lâcher la main des valeurs de la tech asiatique qui ne sont même pas dépendantes de Trump et dont l’essentiel de l’activité est domestique » nuance Didier Saint-Georges. « D’autant plus que le potentiel de contribution de la croissance interne est encore important » ajoute Yoann Ignatiew qui rechigne néanmoins à considérer la Chine comme un pays émergent.

 

Car finalement, que signifie le terme « émergents » aujourd’hui ? « La question est : peut-il y avoir un risque systémique qui toucherait tous les marchés considérés comme émergents ? » définit Serge Pizem qui craint ce type de phénomène et une situation où l’Europe serait également touchée. Le gérant reste actuellement en attente sur ce segment et n’y consacre que 7% de son allocation.

 

 

Positionnement des sociétés de gestion : leurs paris forts…

 

Dans ce contexte de marché, les gérants sont unanimes sur un investissement… le cash !

 

Tous mettent en avant ses vertus alors que l’environnement est incertain et propice à des rotations de style importantes. « On a une position importante de liquidités. C’est un amortisseur mais cela nous offre aussi des possibilités de réinvestissement lorsque l’on retrouve des opportunités » détaille Jacques Sudre chez Amiral Gestion. Yoann Ignatiew consacre de son côté 21% de son portefeuille au cash, quand Carmignac confirme en avoir levé sur la partie obligataire de son allocation. « On va rester dans un champ de mines et les mines peuvent exploser d’un coup, y compris en Europe. Le cash a donc de l’intérêt » justifie Didier Saint-Georges, ce qui n’a pas empêcher la société de relever l’exposition actions de Carmignac Patrimoine à 45%, proche du seuil maximum. « On ne veut pas à court-terme mettre trop d’argent sur la table mais on reste enclins à déployer ces liquidités » renchérit Serge Pizem d’Axa IM.

 

Une illustration de la prudence actuelle avec une fin de cycle qui s’approche, mais certaines opportunités d’investissement parviennent tout de même à se dégager. En premier lieu la tech asiatique et notamment chinoise, mais aussi les sociétés japonaises au global qui représentent une part importante des portefeuilles actions d’Amiral Gestion. Carmignac n’exclut pas totalement la tech US mais cible ses choix.

 

Rothschild AM apprécie les financières, le secteur de la santé, et particulièrement les matières premières avec un repositionnement sur les mines d’or. « Il y aura des ruptures de production à horizon 2/3 ans. Mettre 5/6% du portefeuille dessus nous semble intéressant, d’autant plus que les bilans des entreprises sont sains » suggère Yoann Ignatiew.

 

Mais le propre d’une gestion efficace sera de justement s’adapter aux évolutions du marché. « Il faut être flexible et avoir la capacité de changer de fusil d’épaule rapidement » résume Serge Pizem d’Axa IM.

 

 

Pour retrouver la vidéo de la conférence, cliquez ici.

 

  • Pour en savoir plus sur les fonds de Carmignac Risk Managers, cliquez ici.
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  • Pour en savoir plus sur les fonds de Amiral Gestion, cliquez ici.
  • Pour en savoir plus sur les fonds de Rothschild AM, cliquez ici.

 

Cet article a été rédigé par la rédaction de H24 Finance. Vous pouvez aussi consulter le compte-rendu sur Boursorama. Tous droits réservés.


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