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Suite à la contre-performance de son fonds, ce gérant a souhaité s'expliquer...

11/07/2018

 

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François Jubin, Président de WiseAM

 

 

Pouvez-vous nous rappeler la stratégie d’Apprécio et faire un point sur sa performance depuis le début de l’année ?

 

François Jubin : Apprécio est un fonds diversifié dont les moteurs de performances sont multiples au sein d’un budget de risque. Les stratégies mises en œuvre répondent à une approche fondamentale et souvent contrariante. Sur l’année 2018, les stratégies mises en place n’ont pas donné les résultats escomptés. Au 30/06/2018, Apprécio est en retrait de 3.9% sur le premier semestre (-4,22% YTD au 9 juillet). Ce résultat situe le fonds dans la partie basse des fonds comparables (entre -2% et -4%).

 


Justement, quelles sont les principales thématiques mises en œuvre dans le portefeuille sur la période ? Pour quelle contribution à la performance ?

 

François Jubin : Sur l’ensemble des thématiques seules les opérations de change et de trading action ont dégagé un résultat positif sur le premier semestre. Les couvertures sur les actions américaines et les positions émergentes ont été les thématiques les plus pénalisantes, expliquant à elles seule -2.6%. 

 

Le contexte particulier des deux derniers mois où la rhétorique protectionniste de Trump a inquiété les marchés s’est traduit par un écartement substantiel des performances entre les US et les émergents. Sur les deux derniers mois l’écart de performance est supérieur à 15% alors que ces marchés évoluent souvent dans le même sens. 

 

 

Le contexte actuel modifie t-il votre stratégie ? Quelles perspectives pour vos stratégies évoquées précédemment ?

 

François Jubin : La rhétorique protectionniste de D. Trump et la hausse des taux de la réserve fédérale US (FED) a touché de plein fouet les actifs émergents. Les baisses de prix tiennent compte d’un environnement plus difficile pour les entreprises et les financements mais elles ont été grandement amplifiées par le comportement suiveur des investisseurs qui cèdent leurs actifs périphériques.

 

Pour autant les thématiques les plus attaquées sont aussi celles qui offrent le plus de valeur à moyen terme. Aujourd’hui, le rendement des obligations d’Etat émergentes en devises locales atteint 6.6% (3.9% net d’inflation). Sur les 5 dernières années, les devises émergentes se sont dépréciées de 12.8% en terme réel (net d’inflation). Ces obligations bénéficieront d’un rendement attractif et potentiellement d’une réduction des spreads comme d’une appréciation des changes. Le potentiel est de l’ordre de 10%.

 


Et sur les marchés émergents ? Dans quelle mesure le contexte évoqué précédemment modifie t-il votre stratégie ?

 

François Jubin : La situation sur les marchés émergents (actions, taux et change) est anormale, les perspectives de rebond sont importantes et le risque supplémentaire réduit. Nous conservons les orientations actuelles même si des arbitrages pourront être réalisés pour sélectionner les meilleurs fonds et secteurs.

 

La zone dollar présente également un intérêt. Non pas que l‘Euro/dollar puisse revenir sur les 1.05 mais tout simplement parce que le rendement des taux sur cette zone est 2.5 points au-dessus de ceux de la zone Euro.

 


Vos fonds se sont longtemps démarqué par leur approche contrariante et prudente. Déteniez vous des positions de couverture depuis le début de l’année ?


François Jubin : Si nos couvertures sur le marché actions US (small cap et valeurs technologiques) ont également pénalisé à court terme le portefeuilles, nous les maintenons dans une logique de long terme.


 

Les marchés actions américains continuent pourtant de performer. Pouvez vous nous détailler les raisons expliquant ce positionnement ?

 

François Jubin : Les niveaux de valorisation atteints traduisent des attentes sur les perspectives bénéficiaires qui nous semblent difficile à obtenir sur les années à venir. Le Nasdaq 100 se paie 25 fois les résultats réalisés et le Russell 2000 44 fois (contre 18.5 pour l’indice des actions internationales). Ces ratios ne sont pas soutenables même avec une croissance américaine entre 2.5% et 3.0%. Un réajustement interviendra nécessairement.

 

 

Quel message souhaitez-vous transmettre aux porteurs de parts ?


François Jubin : Notre style de gestion fondamental et contrarian peut conduire à des contreperformances. Nous privilégions les approches value et diversifiées des moteurs de performances au suivi de tendances. De fait, nous avons connu des contretemps importants par le passé mais à chaque fois notre style de gestion a permis d’obtenir un recouvrement rapide et retrouver une performance positive. 

 

 

H24 : Pour info, la composition des lignes dans le portefeuille d'Apprécio à fin mai :

 


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