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« Dieu merci, Octobre est derrière nous » : Le dernier édito de Didier Le Menestrel...

06/11/2018

 

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Didier Le Menestrel

 

 

Ne dites pas que « c’est toujours la même histoire », les statistiques démentiront. Les mois d’octobre ne laissent de trace dans nos mémoires boursières que parce que les crises de 1929 et 1987 sont restées ancrées dans nos esprits. La faillite de Lehman Brothers et la volatilité qui s’en suivit en octobre 2008 n’ont rien fait pour rehausser la mauvaise réputation de ce mois boursier qui offre pourtant une rémunération moyenne positive de l’ordre de 1% depuis 44 ans. Octobre n’est pas un mauvais mois boursier, c’est un mois de volatilité excessive.

 

Dix ans après la grande crise de 2008, octobre 2018 a donc de nouveau cristallisé les inquiétudes des investisseurs (le S&P 500 a cédé 7%) qui ne trouvent plus à travers les résultats des entreprises le moyen d’échapper à un environnement conjoncturel et politique difficile à déchiffrer, et donc à anticiper.

 

Laissons les spécialistes ergoter sur les aléas politiques, nous ne sommes pas en capacité d’anticiper le comportement des électeurs et de leurs élus.

 

Concentrons-nous sur l’évolution des marchés obligataires qui restent les principaux indicateurs utiles à l’appréciation des futurs comportements des investisseurs. Un événement d’importance est survenu aux Etats-Unis, où l’emprunt d’Etat à 10 ans, le véhicule d’investissement le plus liquide au monde, a franchi durablement la barre des 3%. Un niveau de rémunération « sans risque » de l’épargne mondiale qui n’avait plus été observé depuis 2011…

 

Cet événement, qui n’a pas fait les gros titres de nos quotidiens, est essentiel pour appréhender l’avenir du prix des actifs et de la Bourse en particulier. Ce niveau de 3% entérine la fin du Quantitative Easing (QE, l’assouplissement monétaire) aux Etats-Unis, une période « extra-ordinaire » qui restera dans l’histoire économique comme celle du crédit devenu gratuit…

 

Ce fameux « QE » pratiqué par toutes les grandes banques centrales depuis 2009/2010 a créé une distorsion des prix des actifs, sortis du cadre classique de l’évaluation : lorsque les taux sans risque rapportent 0%, le prix des actifs censés « rapporter » un taux supérieur peut être infini ! Cette logique, très puissante depuis 2011, a entraîné des distorsions de prix visibles en particulier sur des actifs tangibles, comme les marchés de l’art et de l’immobilier par exemple, mais aussi sur les entreprises cotées dites « de croissance visible ». Ces dernières, à l’image d’HERMÈS dans le luxe, de LINDT et de CHR HANSEN dans l’alimentaire, ont atteint au cours des derniers mois des valorisations (un multiple de 11 fois le chiffre d’affaires pour HERMÈS, 50 fois les résultats pour LINDT et CHR HANSEN) qui resteront dans l’histoire boursière comme l’illustration de tous ces excès.

 

Rassurons-nous, au cours de cette période « extra-ordinaire », le comportement des acteurs clés (banques centrales, banques, régulateurs) est resté rationnel. Et si le repli de ces actifs survalorisés est inéluctable, nous n’adhérons pas au discours des Cassandre qui n’imaginent pas une rémunération durable de l’épargne dans un tel environnement. Comme l’a justement rappelé Benjamin Graham, « l’avenir est incertain »… Mais pour ce qui est du proche avenir, tout porte à croire que la gestion value a de beaux jours devant elle.

 

Didier LE MENESTREL

 

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