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Risque politique en Europe, l'analyse de H2O AM...

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Même si l’Italie fait couler beaucoup d’encre avec son gouvernement formé par deux partis dits « populistes », en réalité le risque d’un changement radical de l’orientation politique du pays est assez faible. Il est vrai qu’en Europe continentale, le flux presque ininterrompu des élections permet aux électeurs d’exprimer leur mécontentement, qui est ensuite remonté dans chaque cadre institutionnel. Les partis « révolutionnaires » comme Syriza en Grèce, Podemos en Espagne et désormais la Ligue et le Mouvement 5 Étoiles en Italie, ont fini par se fondre naturellement dans le tissu institutionnel. Ce phénomène s’accompagne d’incertitude et de volatilité, mais dans chacun de ces pays, la force des institutions nationales est un facteur d’ancrage clé qui permettra d'éviter une révolution.

 

L’Italie en est la preuve vivante. La Ligue et le Mouvement 5 Étoiles ont conclu une alliance opportuniste et contre-nature pour prouver leur capacité à gouverner, tout en se gardant la possibilité d’appeler de nouvelles élections en fonction de la situation. Cette alliance a transformé le paysage politique italien, désormais caractérisé par la domination de la Ligue à droite et celle du Mouvement 5 Étoiles à gauche. Elle a également forcé les deux partis à clarifier des positions moins radicales qu’elles n’y paraissent au sujet de l’Europe et à se concentrer sur l’agenda intérieur (immigration et taux d’imposition unique pour la Ligue, revenu universel pour le Mouvement 5 Étoiles).

 

Si cette coalition venait à échouer, l’Italie serait gouvernée par une coalition soit de droite, soit de gauche, avec une nouvelle inversion des rôles entre les partis traditionnels et les mouvements plus récents. Ce qui n’a pas grand-chose d'une révolution. Les Espagnols risquent aussi d’être à nouveau appelés aux urnes si le gouvernement minoritaire socialiste ne tient pas le choc. D’après les sondages actuels, le parti réformiste de centre-droite Ciudadanos, proEurope, pourrait alors jouer un rôle important, ce qui serait de bon augure pour la stabilité du pays. Dans l’ensemble, l’agitation politique en Italie nous inspire peu d’inquiétude pour l’avenir de l’UE. Les investisseurs ont tout intérêt à en profiter au maximum pour se positionner sur les actifs bon marché de la zone euro en comptant sur la domination passée et actuelle des institutions sur toute forme de populisme.

 

Rétrospectivement, le Royaume-Uni est le seul pays d’Europe où l’insatisfaction des électeurs a vraiment eu des conséquences fâcheuses pour le cadre institutionnel. Le populisme de la Ligue et du Mouvement 5 Étoiles est peut-être assez comparable à celui de UKIP et de certains courants chez les Travaillistes et les Conservateurs avant le vote du Brexit. Assez curieusement, la démocratie parlementaire la plus représentative d’Europe a laissé s’exprimer le mécontentement de sa base locale d'électeurs dans un référendum à propos d'un sujet d’importance institutionnelle.

 

Dans une certaine mesure, le Brexit est une mini-révolution. Une révolution se définit par l’existence d’une rupture avec les institutions existantes et l’adoption d’un nouveau cadre qui n’est pas encore complètement défini. Au Royaume-Uni, choisir de quitter l’UE sans savoir pour quel nouveau cadre est une forme de tendance révolutionnaire. Les Britanniques ont voté démocratiquement pour le Brexit, mais ils n’ont pas décidé quelle forme celui-ci devait revêtir. La question est très délicate, car il faudrait des années pour établir une alternative claire à l’appartenance à l’UE. C’est la raison pour laquelle, deux ans après le vote du Brexit, les Conservateurs sont toujours rongés par des désaccords internes qui les empêchent de proposer quelque chose de concret.

 

Souvent, dans une révolution, ceux qui commencent à gérer le processus ne sont pas ceux qui le conduisent à son terme. En 1917, ce qui était au départ une révolution de la bourgeoisie russe contre un gouvernement progressif s’est achevé par la prise de pouvoir absolu des bolcheviques. Dans le cas du Brexit, une coalition non coordonnée d'électeurs conservateurs privilégiés et de laissés-pour-compte travaillistes a débouché de facto sur un développement spectaculaire.

 

Le parti conservateur a démarré la gestion du processus mais rien ne dit qu’il sera encore là à l’arrivée. Au contraire, la situation ouvre des perspectives au parti travailliste de Jeremy Corbyn. Tout comme les bourgeois du parlement russe avaient accepté de s’affranchir de l’autorité du tsar, la majorité des députés britanniques ont fini par accepter le Brexit. Toutefois, comme en 1917, personne n’arrive à se mettre d’accord sur ce qui va suivre. Si l’histoire se répète, il n’y a qu’une seule issue possible aux désaccords entre Conservateurs au sujet de la forme globale (et plus encore des détails) du Brexit.

 

Il se peut donc très bien que le gouvernement de Theresa May soit remplacé par la seule alternative à disposition. Ici s’arrête la comparaison avec 1917, puisque Jeremy Corbyn accèderait au pouvoir par voie démocratique. Le Brexit est géré, et continuera de l’être, dans le très solide cadre institutionnel britannique et par des personnes qui sauront garder leur sang-froid. Pourtant, le vide institutionnel partiel créé par ce départ de l’UE soulève des débats dont la nature-même est révolutionnaire. En définitive, l’issue la plus pacifique, et donc la plus probable, est qu’un gouvernement travailliste mène à bien le Brexit dans une version plutôt « allégée », tout en prenant des mesures sur le plan intérieur pour apaiser les craintes en matière d'économie et de justice sociale exprimées par le vote du Brexit.

 

Ce type de scénario illustrerait bien le célèbre pragmatisme britannique une fois tombée l’illusion d'un Brexit « dur » : la peur de l’inconnu sans préparation finirait par l’emporter. Un Brexit (très) doux semble être la seule solution complète qui soit accessible dans le délai fixé par l’UE et acceptable dans le monde des affaires. Une idée que paraît soutenir depuis peu le parti travailliste en réclamant un « accès total au Marché commun avec un partage des institutions et des réglementations ». Les Conservateurs ont tout intérêt à rester au pouvoir et éviter des élections anticipées ; toutefois, les désaccords impossibles à régler entre la ligne officielle, qui prône un Brexit « dur », et la majorité des députés du Parlement, en faveur d'un maintien dans l’UE, risquent d’aboutir à un parfait dilemme du prisonnier. Des élections anticipées sont presque inévitables. Dans la position actuelle des lignes de partis, ce serait l’occasion pour les Britanniques de pouvoir choisir la forme du Brexit.

 

Dans son discours de Lancaster House en janvier 2017, Theresa May a clairement exposé que pour les Conservateurs et son gouvernement, le Brexit devait passer par l’abandon du Marché commun et de l’Union douanière, même si celle-ci pouvait être remplacée au besoin par des « arrangements ». Une position considérée par beaucoup comme proche de la ligne dure. Pourtant, aux yeux du peuple britannique comme de l’UE, le gouvernement tente aujourd’hui de donner à ce divorce brutal l’apparence d’une séparation à l’amiable.

 

Alors que l’UE est en position de force et attend que Londres formule ses souhaits dans le détail, le gouvernement attise les tensions au sein du parti conservateur à chaque nouveau chapitre. Les pro-Brexit convaincus redoutent qu’une transition trop longue n’affaiblisse la dynamique qui aurait facilité un divorce net et qu’elle s’accompagne d’un trop grand nombre de concessions. Lors du discours de Mansion House prononcé au mois de mars, Theresa May a mis en évidence toute la contradiction entre l’abandon voulu de l’Union douanière, clé de voûte du Brexit, et l’objectif d’absence de contrôle aux frontières de l’Irlande du Nord. Ce problème épineux n’est qu’un exemple parmi d’autres.

 

Le dernier sujet brûlant concerne le degré de latitude dont bénéficierait le Parlement si aucun accord n’est conclu entre le gouvernement et l’UE. Conclusion : un divorce à l’amiable sera trop long à négocier et comportera de trop nombreuses concessions sur des sujets conflictuels. Le résultat sera difficile à accepter à la fois pour les pro- et les anti-Brexit, car les premiers auront le sentiment d’avoir manqué une opportunité historique, tandis que les autres vivront dans une incertitude permanente sans véritable sensation de réussite.

 

Même si le Brexit n’inquiète plus les investisseurs, l’incertitude politique s’accroît très nettement à mesure que l’on s’approche d'échéances fatidiques. De ce point de vue, le marché britannique est extrêmement délicat pour les investisseurs : la moindre avancée décisive vers un Brexit plus doux devrait apporter un grand soulagement, en dissipant une source d’incertitude majeure, mais ce scénario dans un avenir proche ne peut provenir que de l'élection d'un gouvernement emmené par Jeremy Corbyn, ce qui pourrait aussi nettement accentuer l’incertitude concernant la politique intérieure (au moins dans un premier temps). Une seule chose est quasiment sûre face à tant d’incertitude politique sous-estimée : il faut s’attendre à un pic de volatilité à court terme.

 

 

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